Campagne publicitaire et corruption ?

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« Les termes du discours politique sont conçus de manière à empêcher de penser. L’un des principaux est cette notion de « défense ». Examinez les archives diplomatiques de n’importe quel pays et vous y trouverez que tout ce que ces pays ont jamais pu faire était « défensif » ».

Cette citation de Noam Chomsky reflète tout à fait la situation actuelle à Notre Dame de Landes. En effet Bruno Retailleau, président du conseil régional des pays de Loire, a lancé dernièrement une pétition pour l’expulsion des Zadistes, accompagnée d’une campagne de publicité exposant des propos comme cela « Exigeons l’évacuation de la ZAD ; soutiens aux riverains de Notre Dame des Landes ; signez la pétition demandant […] la fin des violences à NDDL ». Dans la pétition, de nombreux faits de violences y sont notés mais aucun lien, aucune preuve nous y amène. Pourtant des riverains de NDDL se sont mobilisés en soutiens aux zadistes et contredisant ces violences. On ne nous donne donc pas le choix de réfléchir à la situation. On nous impose la vision des élus actuels en nous relatant des violences. Serait-ce donc un moyen pour faire monter la peur dans la population avant l’arrivée du référendum régional ? Cette campagne publicitaire relève clairement d’un régime qui se veut totalitaire et qui vient couronner le refus de dialogue de certains politiques à cet égard. Car la peur, est la meilleure arme pour manipuler les masses.

C’est aussi un moyen de faire perdre toute subjectivité humaine, ce que les médias de nos sociétés capitalistes provoquent selon l’école de Francfort. Pour remettre en contexte, ce terrain (appelé ZAD) est convoité depuis des années par Vinci, une multinationale voulant construire un aéroport sur cette zone, qui a dû attendre les dernières expropriations des paysans vivants sur ces terres. Pour citer encore Chomsky : « L’institution la plus totalitaire de l’histoire de l’homme — ou presque — c’est probablement une multinationale : c’est une institution gérée par un pouvoir central dans laquelle le schéma de l’autorité suit un ordre rigoureux du haut vers le bas ». Puisque la construction de cet aéroport a été jugé à maintes reprises inutile, et que les élus sont sensés représenter la population, nous pouvons alors penser que les lobbies des multinationales exercent une pression telle que nos gouvernements sont soit ignorants soit corrompus.

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Culture populaire

Pour Guy Debord, la culture populaire est devenue un spectacle où nous sommes amenés à oublier nos inspirations pour adopter celles du système. Nous avons aussi perdu la proximité entre artistes et récepteurs. Je cite : « Le spectacle n’est pas un ensemble d’images mais un rapport social entre des personnes, médiatisé par des images ». Mais qu’est devenue la culture populaire de nos jours, avec internet ? Ce phénomène a brisé la proximité entre celui qui fait le spectacle et celui qui le reçoit. De plus ce média nous éloigne davantage de la réalité.

En effet, maintenant tout le monde peut se créer un « profil » sur les réseaux sociaux et donner l’image qu’il veut en faire ressortir. Chacun peut donc s’imaginer l’image de n’importe quelle autre personne tout en étant « guidé » par des images toutes faites. Nos activités internet sont d’ailleurs recensées et peuvent servir à créer « une image de nous », de « nos intérêts », etc.

De ce fait, la culture populaire, de rue, disparait de plus en plus. Certains voient même d’un mauvais oeil les artistes que l’ont retrouve dans la rue. Et oui, certains penseront que ces artistes veulent leur porte monnaie ! Ce dont ils ont certes besoin pour vivre…quoique, un bon repas chaud et un foyer peuvent aussi faire l’affaire pour certains ! On est même parfois amenés à penser qu’ils sont mauvais puisqu’ils jouent dans la rue, ce qui n’est pas du tout vrai (ça me rappelle un violoniste concertiste qui avait fait le test de jouer dans le métro à New York, et où presque personne ne s’arrêtait pour l’écouter). Le lieu dans lequel l’artiste joue changerait-il l’image que l’on puisse avoir de lui ? Au moins sur le net, il reste caché derrière notre écran et nous pouvons lui ordonner d’arrêter à tout moment…

Cependant, nous voyons des plate-formes de financement participatif émerger de ces technologies. Cela permet à des artistes de réaliser leur projet sans courir partout à la recherche de financement ! Et même si ça reste virtuel, ça peut aussi financer des projets de culture populaire : de théâtre, de cirque, de musique, de sport, de soupes populaires, etc. Mais où sont donc passés nos bons vieux saltimbanques ? Peut être ont-ils plus de mal à vivre de cette manière de nos jours car nous préférons avoir l’embarras du choix derrière notre ordinateur ? Prenons le temps de nous arrêter écouter les gens, car c’est tellement bon de voir le public les artistes échanger ainsi que les sourires sur les visages d’une foule !

 

L’information et les réseaux sociaux

J’aimerais revenir sur un fait de la semaine qui m’a marqué. Partout sur les réseaux, depuis 3 jours, nous pouvons voir la vidéo de deux habitants de Calais devant leur maison et une foule de migrants et pro-migrants (une manifestation était organisée ce jour) avancer vers eux. Il y a une bousculade, ils sont obligés de rentrer dans leur cour. Ils reçoivent ensuite quelques projectiles, qu’ils renvoient d’autant plus fort sur la foule pendant que l’un des habitants ressort un fusil à la main en provoquant la foule. En même temps, certains manifestants essaient de calmer le jeu. Finalement ils finissent par rentrer chez eux et la foule se calme.

Beaucoup de partages et commentaires prenaient « David et Gaël » (les habitants) comme victimes. Un groupe de soutien et une cagnotte ont même été créés pour eux… Mais pouvons nous soutenir ces gens en ayant seulement vu une vidéo de 2 minutes ? Que s’est t-il passé avant le début de la vidéo ? En faisant quelques recherches, des témoignages disent qu’ils auraient provoqués la foule en les insultants (ce qui est fort possible car ils font aussi parti de groupes anti-migrants). La réaction de certains manifestants à jeter des projectiles est donc naturelle (même si je ne l’approuve pas), et la réaction des 2 habitants est extrêmement violente.

Pourquoi ai-je donc vu plus de propos haineux envers les migrants que neutres ou en soutien aux migrants se propager sur la toile ? Sur beaucoup de chaînes télévisées ou radios nous avons pu voir le terme « riverain excédé ». Or ce terme ne fait qu’accompagner ce petit bout de vidéo et met en cause les manifestants sans chercher pourquoi ils ont agit ainsi.

Les informations sur les réseaux sociaux sont relayées très vites, voir quasi instantanément. Chaque jour, même pour un utilisateur modéré des réseaux, des dizaines d’informations passent sous ses yeux. Mais a-t-on vraiment le temps d’analyser ces informations ? Je ne crois pas. C’est d’ailleurs ici que se trouve la dangerosité d’une mauvaise utilisation de ces réseaux. En cherchant toujours à passer plus vite d’une information à une autre, nous ne prenons pas le temps de bien les comprendre et les analyser. Et puis une information sans réelle réflexion et recherche est tellement plus simple et rapide à partager qu’une information vérifiée et réfléchie. Car le « choc » nous fait réagir, c’est aussi plus simple de partager un message sous la colère qu’après une réflexion et le choc passé.

Je pense que toutes ces raisons font que jusqu’à aujourd’hui j’ai vu beaucoup de propos haineux. Heureusement de jours en jours je vois plus de commentaires et réflexions sensés. Prenons donc le temps de recevoir les informations et servons nous des réseaux pour transmettre notre joie plutôt que notre colère. Car la colère mène à la haine, la joie mène à l’amour.

Le street art, unique en son genre

Aujourd’hui, les arts sont pour la plupart reproductibles. De ce fait, les œuvres sont démultipliées et perdent leur unicité. Mais est-ce que le street art garde ce côté unique ?

Cet art s’est popularisé à partir des années 1960 et fait un bond en avant avec l’arrivée de la culture du hip-hop et du graffiti  dans les années 1980. De premier abord, nous pouvons penser que le street art est bel et bien unique. Lorsque nous nous promenons dans la rue et voyons un graffiti ou une mosaïque, cela nous interpelle car c’est une œuvre unique, dans un lieu unique, dans un contexte unique. Un pan de mur sur lequel un graffiti a été peint ne peut être reproduit certes, mais un pochoir destiné à être utilisé en ville est-il vraiment unique ? A partir du moment qu’il est utilisé sur des surfaces immobiles, nous pouvons dire qu’il l’est. Ça peut être aussi un jeu de retrouver les différents pochoirs identiques pour retrouver par où est passé l’artiste.

Cependant, aujourd’hui nous pouvons nous rendre à des expositions, du nom de street art, présentant des « graffitis » sur tableau. Cela m’interpelle. Pourquoi ne pas simplement appeler cela de peinture sur tableau ? Laissons les graffitis à la rue, prenons des photos pour les montrer au monde, aux gens qui ne passeront jamais devant ce pan de mur et faire germer des idées ou aider ces artistes à financer leur peintures.

Le street art embellit les rues, les murs de séparations, les usines, les immeubles abandonnées mais aussi informe la population. Certaines de ces oeuvres durent dans le temps, d’autres finissent effacées ou détruites.  Heureusement, des artistes, pour la plupart encore très peu reconnus, continuent à peindre, taguer, coller, pocher leurs dessins éphémères pour le plus grand bonheur de tous. Cet art est libre, gratuit, touche directement les gens et chacun peut y participer, partager ses idées ou ces « élans artistiques ». La rue restera un lieu d’expression artistique unique, car c’est de là que tout commence.