Aujourd’hui, les arts sont pour la plupart reproductibles. De ce fait, les œuvres sont démultipliées et perdent leur unicité. Mais est-ce que le street art garde ce côté unique ?

Cet art s’est popularisé à partir des années 1960 et fait un bond en avant avec l’arrivée de la culture du hip-hop et du graffiti  dans les années 1980. De premier abord, nous pouvons penser que le street art est bel et bien unique. Lorsque nous nous promenons dans la rue et voyons un graffiti ou une mosaïque, cela nous interpelle car c’est une œuvre unique, dans un lieu unique, dans un contexte unique. Un pan de mur sur lequel un graffiti a été peint ne peut être reproduit certes, mais un pochoir destiné à être utilisé en ville est-il vraiment unique ? A partir du moment qu’il est utilisé sur des surfaces immobiles, nous pouvons dire qu’il l’est. Ça peut être aussi un jeu de retrouver les différents pochoirs identiques pour retrouver par où est passé l’artiste.

Cependant, aujourd’hui nous pouvons nous rendre à des expositions, du nom de street art, présentant des « graffitis » sur tableau. Cela m’interpelle. Pourquoi ne pas simplement appeler cela de peinture sur tableau ? Laissons les graffitis à la rue, prenons des photos pour les montrer au monde, aux gens qui ne passeront jamais devant ce pan de mur et faire germer des idées ou aider ces artistes à financer leur peintures.

Le street art embellit les rues, les murs de séparations, les usines, les immeubles abandonnées mais aussi informe la population. Certaines de ces oeuvres durent dans le temps, d’autres finissent effacées ou détruites.  Heureusement, des artistes, pour la plupart encore très peu reconnus, continuent à peindre, taguer, coller, pocher leurs dessins éphémères pour le plus grand bonheur de tous. Cet art est libre, gratuit, touche directement les gens et chacun peut y participer, partager ses idées ou ces « élans artistiques ». La rue restera un lieu d’expression artistique unique, car c’est de là que tout commence.